vendredi 26 octobre 2018

Les Depras au 17ème siècle


Le patronyme Depras 

Il prend sans doute son origine dans un lieu-dit de Pras, dont j'ai trouvé la trace dans un acte de baptême de Saint-Maurice-sur-Lignon en 1671 le curé baptise un enfant dont la mère Marie Vabryrin est du lieu de pras.
On trouve les premiers Depras de notre lignage dans cette commune et de nombreuses variantes existent avec des orthographes telles que Deprat, Depra, Pra, Depraz ,Duprat , Despras… Le nom se prête facilement à des déformations encore actuellement nous devons fréquemment rectifier en insistant sur « de » (qui n'est pas un titre nobiliaire !) et sur le « s » qui nous distingue des autres.

Un nom emprunté au lieu ce qui est le signe d’une étroite dépendance de l’homme avec la terre, nous disent les chercheurs, phénomène plus marqué dans le Sud de la France que dans le Nord, selon Auguste Brun qui observe en effet que les occupants du Midi et de ces régions ont des attaches plus anciennes avec le sol et que la carte de peuplement se trouve stabilisée dès l’âge du bronze.

D’origine latine, « Les Pras », signifient les prés. Quoi de plus naturel pour nommer une clairière ouverte au milieu des bois. « Les Pras » peuvent signifier aussi « les plats » d’après Gérard Panisset, historien généalogiste et spécialiste de paléographie. Ce qui correspond également à la situation car le hameau se niche sur un replat.
de pratis :On trouve là le génitif du latin, qui signifie « appartient au village des pras ». Le patronyme depra est resté un certain temps pour ceux qui ne quittaient pas leur village d’origine.
des praa ou prâ :correspond à la façon de dire « pré » en franco-provençal,à Lyon, patrie de cette langue ancienne, tous les a sont longs, comme s’ils avaient quatre ou cinq accents circonflexes : admirââââble, agréââââble etc... (cité dans « Archives de Lyon », Ed. Milan 1994). En franco-provençal, le « a » est donc prononcé de façon très longue et accentuée.


Le « S » renforce la voyelle qui précède. Le chemin est inverse de celui qui a consisté à remplacer le « s » par l’accent circonflexe, comme dans les mots, hostel et hôtel, teste et tête, forest et forêt. En s’éloignant du franco-provençal, la prononciation a aujourd’hui évolué, car le « a » est prononcé de façon beaucoup plus brève et ouverte et le « s » est resté. 



En remontant les générations et le temps, je trouve des lignées Depras (variante Deprat, Duprat, Despras, et même Lapras...) dont nous sommes issus dans une région bien identifiable : le VELAY.


Le VELAY, une région de transition, une identité marquée par la culture languedocienne

Région envahie par les romains, elle conservera pendant plusieurs siècles les traces de sa romanité.
C'est Charlemagne qui va créer le royaume d'Aquitaine en 781 dont il confie le gouvernement à son fils Louis le Pieux.
Comme l'Auvergne, le Velay est un pays d’état1. Après son intégration au royaume de France, le Velay est rattaché à la province du Languedoc et à la sénéchaussée de Beaucaire. Le pays est représenté aux assemblées du Languedoc, mais est régi pour ses affaires internes par une assemblée annuelle propre : les États du Velay.2 La vie politique du Velay est régulièrement marquée par les luttes de pouvoir entre l'évêque et la noblesse.
Saint-Louis est venu au Puy en 1254, il a offert une relique : une épine de la Sainte Couronne du Christ.
Le Puy est un haut lieu du catholicisme et de pèlerinage sur la route de Saint-Jacques-de-Compostel.
La période la plus troublée et la plus violente se situe entre 1526 et 1596. Les affrontements entre Huguenots et Catholiques ravagent les villages, les châteaux sont tour à tour conquis et perdus par les Huguenots. Le Puy reste ancrée dans camp catholique alors que les terres environnantes, tout du moins aux confins avec le Vivarais, adhèrent assez souvent à la Réforme.
En 1572, alors qu'éclate la Saint-Barthélémy à Paris, l'évêque du Puy sauve les protestants en échange de leur abjuration.
La région sera calme jusqu'à la Révolution, mais sera régulièrement ravagée par la peste et les disettes.

Les États de Velay réunissant les trois ordres : aristocratie, clergé et tiers état, ils sont dominés par l'évêque du Puy et le vicomte de Polignac qui siègent aux Etats du Languedoc. Jusqu'en 1607, le Tiers État n'aura qu'un seul représentant contre 28 au clergé et à la noblesse. Mais au 17ème et au 18ème siècle le Velay va connaître un développement économique important lié à la dentelle, la soierie, le étoffes précieuses, les rubans qui vont devenir la spécialité de la famille Depras. 

Un pays d'état: En France, sous l'Ancien Régime, un pays d'état est une province du royaume ayant conservé ses états provinciaux , c'est-à-dire une assemblée représentative des trois ordres -le clergé, la noblesse et le tiers état- dont le rôle essentiel est de négocier le montant de l'impôt avec les commissaires ou intendants royaux, d'en assurer ensuite la répartition par diocèse et par paroisse et d'en contrôler la collecte. Les états conservent une partie des fonds pour aider au développement des voies de communication.













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