vendredi 26 octobre 2018

Anecdotes sur les personnages et sur les lieux de la famille Depras



  • Jean-Pierre Depras, fondateur de l'entreprise familiale de rubanerie
Quel parcours pour Jean-Pierre Depras ? Il est possible de l'imaginer. 

En 1747, la communauté des passementiers est la plus riche et malgré les aléas de la mode et de la politique elle le restera jusqu'à la fin du 19ème siècle.
Jean-Pierre est placé en apprentissage chez un tisserand de Monistrol, ami et allié de la famille pour apprendre les techniques de tissage.
Après 4 années obligatoires d'apprentissage, il part à Saint-Didier-la-Séauve qui est de loin le plus important centre de fabrication pour les passements de luxe, et pour les tissus ornés d'or et d'argent.
Il est accueilli par une de ses tantes Jeanne Pichon mariée à André Brun, qui habite à Saint-Didier. Leur fils André est passementier. Pendant plusieurs années,Jean- Pierre reste célibataire, il va nouer des relations avec les passementiers qui sont en nombre important. Plus de la moité de la population active est investie dans la production rubanière, cependant il n'y a pas de gros négociants à Saint-Didier.
Malgré les aléas de la Révolution, l'industrie du ruban a repris son activité dès 1790.
À 35 ans Jean-Pierre épouse Catherine Boutéon (25 ans) qui est rubanière, son père est maître serrurier et la famille semble bien installée dans la ville. Mais là aussi la passementerie apparaît plus porteuse d'avenir.Tous les enfants Bouthéon sont passementiers .Tous les témoins du mariage de Jean-Pierre et Catherine sont passementiers dont Charles, frère de Catherine.

Ce mariage renforce l'intégration dans le milieu des rubaniers et des passementiers dans une période de fort développement de l'activité rubanière.



JEAN-PIERRE Depras (1767-1835) mariage 7 floréal An 10 (27 avril 1802)


CATHERINE Bouthéon ou Boutéon( 1777-1816)


Les enfants et leur histoire
Jacques 1805
Marguerite
1806
Eustache
1808
Marie
1809
Mathieu
1811
Marie Magdeleine
1813

Leur premier enfant, Jacques, est né en 1805, relativement tardivement après leur mariage, Jean-Pierre a 38 ans , 5 autres enfants vont naître entre 1806 et 1813.

Mathieu décède à 4 ans.
La famille habite Faubourg de Lyon et si on en juge par les témoins de naissance des enfants, elle évolue dans un cercle de marchands , propriétaires, négociants.
En 1816 à 39 ans Catherine décède. Jean-Pierre reste seul avec ses 6 enfants qu'il va élever seul, Marie-Magdeleine, la plus jeune a 3ans à la mort de sa mère.
Catherine laisse un petit héritage à son époux dont un « immeuble » et du mobilier pour une valeur de 1250 francs de l'époque, ce qui n'est pas négligeable.


La famille semble bien prospérer, dans une période de production intensive, grâce à l'invention du métier Jacquard (1828). Les spécialités apparaissent: veloutier, caoutchoutier… les hiérarchies professionnelles se développent. 
Dans le centre urbain de Saint-Étienne le commerce est mené par le négociant et le commis de barre, tandis que le passementier reste localisé dans les communes de la Haute-Loire.
A Saint-Didier « aucun passementier ne s'établit fabricant à cause des difficultés de communication et l'inertie d'une riche bourgeoisie qui s'isolait ne songeant point à associer ses capitaux à un négoce qui devait apporter la richesse à Lyon et à Saint-Étienne » selon Chausse dans son livre la rubanerie de Saint-Didier.


Le premier, Jacques, et le second, Eustache, sont nés à Saint-Didier sous des auspices très favorables, ils ont pour témoins de naissance un noble local très estimé : Henry Saignard de La Fressange, et des notables tels Simon Grasset et les Riou...
La France est toute dévouée à Napoléon qui gagne toutes les batailles qu'il engage.


En 1808, Saint-Étienne obtient la création d'une Condition des Soies placée sous administration municipale, et échappe à la domination de Lyon.
L'activité rubanière offre à la ville le cadre économique nécessaire au développement des industries stéphanoises.

En 1834 alors que la Fabrique Lyonnaise amorce la délocalisation de sa fabrication dans les zones rurales, les passementiers stéphanois représentent déjà plus de 80 % des rubaniers de la région lyonnaise.

En 1846, les fabricants de rubans siègent au conseil municipal, jusqu'à 40 000 personnes vivent de la passementerie. 
Saint-Étienne va déposséder Lyon, l'éternelle rivale, du titre de première ville ouvrière de France.




Jacques et Eustache vont quitter Saint- Didier pour s’installer à Saint-Étienne.
L'un, Jacques, sera veloutier et échantillonneur, l'autre, Eustache sera passementier et ensuite négociant.
Quant aux filles Depras rubanières , elles épousent des rubaniers excepté Madeleine qui se marie avec un cordonnier.
Selon la légende familiale il y aurait eu un Depras consul ou préfet, nommé sous Napoléon mais à ce jour je n'en ai trouvé aucune trace.









  • Histoire particulière de Saint-Didier-la-Séauve

Saint-Didier-la-Séauve embrasse tour à tour, le parti des protestants et des catholiques.
Elle fut assiégée et pillée, en 1562 par le Baron des Adrets; en 1570 par l'Amiral de Coligny; en 1584 par le Duc de Nemours. En 1589, le Roi Henri IV envoie une lettres aux consuls à l'occasion de l'assassinat de Henri III .
En 1591, le Duc de Mayenne met le siège devant la ville qui se rend, la garnison sort avec les honneurs de la guerre.
Vainqueur à Arnay-le-Duc, en 1570, l'amiral de Coligny signa avec Charles IX la paix de Saint-Germain-en-Laye.

Huit ans après, Saint-Didier n'avait pas encore réparé ses maux quand il eut à subir une nouvelle attaque et une nouvelle spoliation de la part des troupes de l'amiral de Coligny.

Le 12 mai 1570, ce chef huguenot, parti d'Aubenas pour Saint-Étienne, passa par La Mastre, Rozières, Palharès, Rochepaule, Montfaucon, Dunières. Il occupa Saint-Didier et y mit une garnison.

Des escarmouches entre les soldats du duc de Joyeuse et ceux du duc de Montmorency eurent lieu dans les environs, en 1575.

Ces petites rencontres se poursuivirent même jusqu'à Bourg-Argental et Saint-Sauveur-en-Forez. Le 5 février, notamment, quelques habitants d'Annonay surprirent la maison de la Rivoire, appartenant à la dame de Lupé, près de Bourg-Argental.
Les habitants de Saint-Didier ont embrassé la cause d’Henri de Navarre, chef des protestants.
Le duc de Nemours, chef des Ligueurs, vint les assiéger, en 1584. Saint-Didier fut pris et pillé.
Malgré la petite garnison qui y fut laissée en observation, Saint-Didier se fit remarquer par son attachement à la cause royale et par le regret que ses habitants exprimèrent à la mort d’Henri III, le 1er août 1589.

C'est en raison de ces sentiments et en témoignage de reconnaissance que Henri IV fit parvenir aux consuls, à ces bons royalistes une lettre close, revêtue des cachets, pour les féliciter de leur fidélité à la cause royale.


Cette lettre du roi Henri IV soutint, pendant quelque temps, la courageuse persévérance des habitants de Saint-Didier.

A peiné Henri III avait-il succombé, frappé par le poignard d'un « religieux Jacobin de Paris, de la part de Dieu envoié, de l'age de 22 ans, nommé frère Jacques Clément, après avoir chanté et célébré messe et faict prier pour luy les autres religieux de son couvent » que son successeur, Henri de Navarre, qu'il avait lui-même désigné en mourant, écrivit à ses biens chers et bien aimés les Consuls et habitants de la ville de Saint-Didier, où Christophe Motier de Lafayette, commandait une garnison royaliste de vingt-six gens de pied, la lettre suivante : A nos chers et bien aimés les Consuls et habitans de notre ville de Saint-Didier.
 Chers et bien amés,
De par le Roy, chers et bien aimés, la rage et la cruauté des ennemis du Roy et de cet Estat les a poulsés si avant, que d'avoir faict entreprendre malheureusement sur sa vie, par un Jacobin, introduit de bonne foy, pour la révérence de son habit, à luy parler en sa chambre, hier matin, où il lui avoit donné un coup de couteau dans le ventre, qui ne montroit apparence de danger au premier appareil ny tout le long de la journée.  Néanmoins, il a rendu l'âme à Dieu, cette nuit, laissant à ses bons serviteurs, qui sont icy en extrême ennuy et un grand déplaisir, tous bien résolus avec nous d'en poursuivre la justice; à quoy, de nostre part, nous n'épargnerons jusques à la dernière goutte de nostre sang, puisqu'il a plu à Dieu nous appeler en son lieu et en la succession de ceste couronne, ayant bien délibéré aussy de donner tout le meilleur ordre que faire se pourra avec le bon conseil et, advis des princes et autres principaux seigneurs de l'Estat, à ce que sera de bien et conservation de l'Estat, ne y rien innover au faict de la religion catholique, apostolique et romaine, la conserver de nostre pouvoir comme nous en ferons plus particulière et expresse déclaration, et ne ferons aussi en ce qui concerne l'Estat aucune chose qui ne soit « trouvée bonne pour le bien du public. Sur quoy, nous avons bien voulu escrire la présent lettre, pour vous assurer de nostre bonne intention, à ce que vous soyez d'autant plus confortés à persévérer en la fidélité que vous avez par cy-devant gardée à votre Roy, vous assurant que ce faisant, vous recevrez de nous, tout le meilleur traitement et soulagement, en ce qui concernera vostre particulier qui nous sera possible.
Sur ce, nous prions Dieu, chers et bien amés, vous avoir en sa sainte garde.
Ecrit au camp de Saint-Cloud, le 2em jour d'aoust 1589.
Signé : HENRI. »
Et plus bas : Revol.


Voici une autre lettre du roi Henri IV à César de Saignard, commandant d'une compagnie de 200 hommes, par commission du 4 avril 1590.

A notre cher et bien amé César de Saignard, salut. Ayant délibéré de mettre sus à faire promptement lever cet assembler bon nombre de gens de guerre tant de cheval que de pied, pour nous en servir es-occasions qui se présenteront pour la conservation de notre Etat et de nos bons sujets, et d'en bailler la charge à quelques vaillants et exilérimentés capitaines à nous fidèles et assurés ; à cette cause, lesdites qualités être en vous, vous avons commis et député, commettons et députons par ces présentes, signées de notre main, pour lever, mettre Sus et assembler incontinant et le c plus diligemment que faire se pourra le nombre de deux cents hommes de guerre à pied français, des meilleurs et des plus aguerris soldats que pourrez choisir ; et iceux mener et conduire à la guerre avec vous, sans désemparer ladite « compagnie, sous la charge de notre cher et très amé cousin le duc d'Epernon, l'un des pairs de France et colonel général de notre infanterie française, la part où il sera par nous ou nos lieutenants généraux ordonné et commandé pour notre service, faisant iceux vivre avec telle police, qu'il ne nous en vienne aucune plainte. De ce faire, nous avons donné et donnons plein pouvoir, autorité, commission et mandement à tous qu'il appartiendra, qu'à vous ce faisant, ils obéissent ; car tel est notre bon plaisir. Donné à Corbeil, le 4em jour d'avril, l'an de grâce 1590, et de notre règne le premier.
Signé : HENRI.
Par le roi : signé SUZE.

Au mois d'août 1590, le baron de Saint-Vidal, gouverneur du Velay, résolut de réduire ce petit foyer de résistance protestante.
Au nom de la Ligue, il somma la ville de Saint-Didier d'ouvrir ses portes, à peine d'être traitée comme le château d'Espally, dont on venait de faire sauter toutes les voûtes, au moyen de quatre charges de poudre.
Les Consuls de la ville répondirent qu'ils se rendraient, à condition que de Saint-Vidal et les siens consentissent à reconnaître de Montmorency comme gouverneur général.
Cette condition fut acceptée et Saint-Didier reçut une garnison de Ligueurs, pour peu de temps, croyons-nous.
Cependant, les habitants de la ville faisaient, de temps à autre, des retours vers le parti du Béarnais. Cette attitude ne manqua pas d'inquiéter les chefs catholiques.
En 1501, le duc de Nemours, frère utérin de Mayenne, À qui le duc de Mayenne avait donné le gouvernement du Lyonnais, entra dans le Velay, à la tête d'un corps considérable de troupes. Sur le bruit de son arrivée, la garnison d’Yssingeaux évacua cette ville, qui se soumit à lui. Celle de Monistrol en fit autant.
La garnison de Saint-Didier refusa de se rendre et le siège commençât.
 Mais voyant que les Ligueurs se disposaient à battre la place avec le canon, la garnison capitula et obtint l'insigne honneur de sortir « enseigne déployée et mèche éteinte »
Saint-Didier fit comme Montfaucon. De royaliste, il devint « nemouriste ». Le duc n'en prescrivit pas moins le démantèlement de la place.
Le chevalier du Puy Saint-Martin, de la maison d'Urre, en Dauphiné, fut chargé, par le duc de Nemours, qui lui écrivit de Brioude, de presser le démantèlement (4;.
Un procès-verbal du siège de Saint-Didier par le duc de Nemours a été dûment établi. Voici un extrait de ce curieux document :

 L'an 1591 et le 15 février avant midy, Me Didier Jabrin, notaire royal en ladite ville, prins pour escribe en la présente procédure.
 A l'occasion du passage de l'armée du seigneur duc de Nemours, l'hors qu'il mit le siège devant la ville de Saint-Didier, auquel temps, il se logea lui-même et tout son train dans le monastère de la Séauve, avec plusieurs seigneurs et gentilshommes qui l'accompagnaient où la dicte Dame et le dict monastère reçurent une grande dessime, foulte et despens et tout le voisinage aussi, de tant cestoit par moissons et que la dicte armée fist séjour du dict siège, de sept à, huit jours, passés lesquels la dicte Ville se rendit au dict seigneur de Nemours, laquelle fut après pillée et sauvagée.
En quoy, le dict monastère reçut de grandes incommodités; pour estre proche de la dicte ville, et attendu que le dict seigneur de Nemours y laissa une forte garnison tant de cheval que de pied, qui faisoit, de jour à autre, mille injures au pauvre peuple, notamment, aux sujests du dia monastère, entre autres au granger d'iceluy qu'y tint à louage une des chevances au dict monastère, proche du lieu de la Séaulve, auquel granger, ceux de la dicte garnison, battirent partie de sa récolte et après emportèrent le grain qui en provingt, de façon que n'est moïen de satisfaire à son louage, au grand préjudice de la dicte Dame Abbesse d'ailleurs ; et qui pire fut, l'hors qu'on procédoit à la remise des murailles de la dicte ville de Saint-Didier, laquelle le dict seigneur de Nemours avait fait démanteler le dict monastère de la -Séaulve fut pétardé et sur le point d'estre surprins par ceux de la garnison de Monistrol et autres garnisons ramassées et assemblées à cest effaict es nombre de quatre à cinq cens armes, à, la poursuite du sieur de Champetières, commandant au dict monastère, qui vouloit establir au dict monastère une garnison de gens de cheval de Gascons, afin de faire guerre plus forte au dict pays, et empêcher, comme il disoit, les fortifications du dict Saint-Didier.
Ont signé :
Antoine du Fornel, lieutenant général; Antoine Gontant, notaire royal, demeurant à la Séaulve ; Benoist Guillaume ; Jacques Fournier et Estienne Pichon, prestres ; noble Marcelin Bayle, sieur de Villeneuve de Chantemerle ; Jean de Guillomon ; Bonnet Cellarier ; Antoine Vedelly ; Claude Coppier, docteur es droits ; M. Loys Faure, procureur d'office ; Victor Gravil ; Blaise Vatallier, Claude Pichon,
Jehan Planchette, notaires royaux ; honnestes Jean Pichon ; Antoine Laurenson ; François Granillon et Benoît Laurenson, marchands; tous habitants de la ville de Saint-Didier.

Par une lettre datée du camp devant Saint-Didier, le 23 août 1591, Charles de Savoie, duc de Nemours, avait confié à. Guillaume de Chabannes, de Monistrol, maître de camp d'un régiment de gens de pied, la garde du château de Montregard, pour le maintenir sous son autorité, dans le parti de la Sainte Union.
De Chabannes ne mit aucun retard à accomplir sa mission. Au commencement de l'année 1594, Saint-Didier se soumit à Henri IV.
Le 30 octobre 1594, un état des frais d'entretien des garnisons fut dressé par le greffier des Etats du Velay.
Le roi écrivit une seconde lettre aux Consuls et aux habitants de Saint-Didier pour les féliciter d'avoir résisté au duc de Nemours. Malheureusement; les chroniqueurs vellaviens n'ont pas conservé cette lettre royale, qui eût dû rester dans les archives de la ville, comme un témoignage de reconnaissance.
Après avoir conquis Saint-Didier, le 26 août 1591, le duc de Nemours, à la tête d'une puissante armée, fit son entrée solennelle au Puy.
A cette époque, la garnison de Saint-Didier était composée de 56 hommes de guerre, tandis que celle du bourg de Polignac, 50 gens de pied et 37 gens de cheval. Le château en avait également 50. Il y avait 40 hommes au château de Dunières ; 8 au fort de Sainte-Sigolène.
Le 15 avril 1592, plusieurs gentilshommes se réunirent au Puy pour établir une paix entre cette ville et de Chastes.L
Le 10 novembre 1593, le cardinal, duc François de Joyeuse, ne rendant à Rome pour solliciter l'absolution d'Henri IV qui venait de se convertir à la religion catholique  et, son frère, le duc Henri de Joyeuse (père Ange), qui venait de se mettre à la tête du parti de la Ligue, avec une suite d'environ 300 hommes, arrivèrent au Puy. Ils furent reçus par les Consuls en habit.
Le cardinal demeura un jour au Puy et partit pour Rome par Lyon.
Par contre, le duc demeura treize jours dans la maison du juge mage.
Il parlementa avec de Chastes, sénéchal, pour obtenir une trêve.
Cette trêve fut acceptée, de part et d'autre, mais d'après Arnaud, elle n'aboutit pas.
Le 27 décembre 1593, le roi promit une amnistie à ceux qui quitteraient le parti de la Ligue.
Au commencement de l'année 1594, Saint-Didier se soumit définitivement à Henri IV.
Toutefois, en 1594, le sénéchal de Chastes sentit la nécessité d'avoir, au-delà des Bois, quelques forces pour brider les Ligueurs. Il donna à Laurenson, de Saint-Didier, 180 écus pour réédifier les murailles de la cité.
Mais, en 1594, un nouveau conflit éclata au Puy entre royalistes et Ligueurs. Ces derniers attirèrent les royalistes dans un piège, à la porte Saint-Gilles, et en firent un véritable massacre. La noblesse vellave fut décimée. Chalencon de Polignac, de Chastes, Guillaume Saignard de Lafressange, de Chantemule, deux fils de Latour-Maubourg, de la Borye moururent en soutenant la cause royaliste contre les Ligueurs.
L'année suivante, en 1595, il se forma des compagnies appelées de Croquans, parce qu'elles ne se composaient que de villageois qui s'étaient donnés pour chefs, deux hommes du peuple, Billandon et Montagnac.
La noblesse royaliste, encore saignante de l'affreux massacre de la porte Saint-Gilles, n'entra pas dans cette alliance, mais elle se mit à recruter sur ses domaines des soldats pour cette armée.
Hector de la Tour-Maubourg, frère des deux victimes ; Hector de Fay de Verchières ; Jean de Chastes, surtout, couraient, frappaient à toutes les chaumières, donnaient des armes, des munitions et de l'argent à quiconque s'en voulait aller exterminer ces maudits et ces exécrables assassins, ainsi qu'ils les nommaient.
En quelques jours, 12 à 1.500 hommes, le plus grand nombre de Saint-Didier, de Dunières, de Sainte-Sigolène, se répandirent dans les mandements de Monistrol, de Roche-en-Régnier, de Tence, de Montfaucon, où ils saccagèrent, en juin 1595, les domaines des plus riches Ligueurs, notamment, le château des Dreux,
Le duc de Joyeuse exerça sur les habitants du Puy une véritable tyrannie.

Extrait de l’ouvrage, « D’Azur au Lion d’Argent » Tome II.
Paul Roni









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