Un ancrage à Plélan-le-Grand
Plélan-le-Grand est situé sur l'axe Rennes-Lorient, en bordure de la forêt de Paimpont, le Pays de Brocéliande est une terre de légende. Celle-ci veut que Lancelot aima la reine Guenièvre au Pont de Secret à l'ouest de la commune, au sud des Forges.Située à l'extrémité ouest du département d'Ille-et-Vilaine, à la limite du Morbihan, Plélan-le-Grand est actuellement le chef-lieu d'un canton composé de huit communes. A 33 kms de Rennes, à 80 kms de Saint-Malo et à 120 kms de Lorient, son territoire communal (4700 hectares) est cerné à l'est par la commune de Treffendel, au nord par la vallée du Serein (limite de la commune de Saint-Péran), au sud-est par les Bois de Taxent et de la Chèze (commune de Maxent), au sud-ouest par la rivière Sit de l'Aff (département du Morbihan), à l'ouest par la Forêt de Paimpont.
C'est dans ce périmètre que des lignées Cotto vivent depuis le XVIème siècle, jusqu'à nos jours.
- Le Territoire d'ancrage des lignées Cotto
Les Cotto parle Gallo dont on trouve encore des traces dans le parler populaire actuel. Les Cotto sont repérables dans les actes civils accessibles par internet vers 1600, mais l'origine du nom, qui selon toute p robabilité, est italienne m'incite à penser que les premières familles se sont installées en Bretagne à l'issue d'une première vague d'immigration liée aux guerres d'Italie sous Louis XII et ensuite François Ier.
La venue importante d'artistes et lettrés italiens issus de la Renaissance et l'implantation des banques italiennes en France, dont les banques lombardes, très puissantes sous Francois 1er ont favorisé des vagues d’immigrations italiennes en Bretagne qui sont attestées par les historiens et chercheurs. Certains précisent que la Bretagne est un «petit Pérou» dû à son ouverture sur la mer, au commerce avec les et l'établissement des français au Canada.
- Le patronyme COTTO
trois formes patronymiques coexistent en Bretagne aux différentes époques Cotto, Cotho, Coto ,alors que seuls Cotto et Coto coexistent en Alpes-Maritimes.Cette variation n'a pas une signification déterminante car en Bretagne les différentes orthographes peuvent apparaître dans les mêmes périodes voire dans le même acte.
A partir de 17ème siècle le patronyme augmente dans les 2 départements, avec la même chute au 19ème siècle au moment de l'exode rural vers les villes (urbanisation, industrialisation et guerre de 14-18).
Le nom Cotto d'origine n'est pas déformé dans les actes signés au 17ème siècle par ceux qui manifestement possèdent l'écrit. On peut penser que ceux qui savaient lire et écrire veillaient à la bonne inscription de leur nom dans les actes officiels.
- Une histoire sociale des lignées COTTO
La Renaissance une époque favorable à l’immigration italienne, une opportunité d'acquisition d'une ou plusieurs propriétés foncières dans le cadre de la remise en culture des terres dévastées par les guerres a permis une installation des quatre frères Cotto.
Les objectifs politiques de François Ier nécessite le recrutement de «compétences» qui n'existent pas en France ( savoir-faire commercial, banque, comptabilité publique etc... ) sans compter les artistes qui sont accompagnés de serviteurs... Sa politique de prestige s’appuie sur les Italiens ( artistes, navigateur… ) qui drainent sans doute d'autres « professionnels » italiens et une foultitude de ''petites gens'' Sa politique de conquête ''coloniale'' avec G Verrazano et J. Cartier va générer de nouvelles vagues d'immigration italienne.
En Bretagne la tradition parle d'un seigneur de Mortemart de Rochechouart , qui a des possessions à Plélan, et qui est fait prisonnier en Italie en 1520, racheté par ses vassaux. Ce rachat a peut-être pu se faire grâce à la présence et aux relais locaux des italiens installés en France, qui a pu être favorisé par les Cottos, marchands de leur état.
Les marchands Cotto connaissent les transactions financières. On trouve un marchand Cotto lié à la banque de Gênes.
- Plélan-le-Grand, une paroisse, une châtellenie, un droit de haute justice
Plélan est mentionnée dès le 9e siècle sous le nom de Plebs Lan (Paroisse du Monastère)
Le roi Salomon de Bretagne qui a régné de 857 à 874 y aurait possédé deux châteaux dont celui de Brécilien. Celui-ci fut longtemps confondu avec la motte féodale du village du Gué, ancien Bourg de Plélan.
Ancienne châtellenie, habitée par les rois bretons, elle devint une seigneurie particulière du Duché de Bretagne. On y exerçait un droit de haute justice au village du Gué.
La paroisse de Plélan appartient aux Bénédictins de Saint-Melaine qui y fondèrent un prieuré.
Le recteur de Plélan-le-Grand jouissait de la plus grande partie des dîmes de la paroisse. La tradition parle d'un Seigneur de Mortemart de Rochechouart fait prisonnier en Italie en 1520, racheté par ses vassaux, il leur donna, en reconnaissance, le fief du Thélin avec quelques droits dans la forêt de Paimpont.
En 1590 Le prieuré fut aliéné et ses possessions du Bourg furent vendues à Jean d'Erbrée seigneur de la Chèze (1513-1623).
Au XVIIIe siècle les dîmes se trouvèrent partagées entre le recteur pour un tiers et le seigneur du lieu pour les deux autres.
La châtellenie a connu des destins divers, plusieurs fois vendue , elle est passée successivement de la baronnie de Lohéac, à la famille Monfort (comte de Laval par alliance) à la famille de Bourbon, comte de Vendôme, retourne à la famille de Laval, vendue à Louise de Maure, épouse de Gaspard de Rochechouard, qui la donne à son épouse Marie- Anne Colbert , qui la vend en 1701 à la famille Piquet, seigneur de la Motte qui la vend à Françoise de Quélin,veuve de François de Montigny, baron de Gaël en 1748 jusqu’en 1789.
→ La dîme est un des impôts les plus lourds payés par les paysans à l’Église qui sera aboli à la Révolution.
→ Le fief du Thélin est la première république administrée par deux préfets élus annuellement à la fontaine de Bodine, qui éclata au milieu du 19e siècle. Seule la croix dite "des Thélandais" à la sortie sud du Bourg, sur la route du Thélin, rappelle ce passé Les Thélandais, réunis le jour de Noël à la fontaine de Bodine, élisent deux préfets, s'administrent ainsi eux-mêmes et créent par la même occasion la première république bretonne et, dit-on, à partir de 1532 (rattachement de la Bretagne à la France), la première république française ! Et ce jusqu'à la Révolution.
→ Le Gallo n'est pas un patois, ni un dialecte du français mais une langue d'oïl. Le gallo, héritier du latin de Gaule, a reçu des infles « gall ». Il désigne en Bretagne celui qui utilise la langue romane de Haute Bretagne, distincte du breton.
→ Les liens entre la France et l'Italie, avec le Milanais et Gênes. Dès le XIIIème siècle, les Banquiers Lombards déjà installés à Lyon et à Paris sont proches du Roi et développent leur réseau d'influence en France et au delà jusqu'en Flandres. Louis XII a pris part aux guerres d'Italie, au cours de ces guerres, le Milanais est conquis, perdu, repris en 1501, après de multiples transactions et engagements non tenus il est chassé en 1504. L’Italie est en pleine Renaissance et les conquêtes françaises ont déjà eu un effet positif sur la France. Des liens ce sont créés : Trivulse (né à Milan et mort à Arpagon en 1518) est maréchal de France Son neveu ( mort à Lyon en 1531) devient gouverneur de Milan et de Gênes sous François 1er, il a 69 ans quand François 1er accède au pouvoir et s'engage à son tour dans la reconquête de Milan. La famille Frégosi de Gênes est toute acquise à la France, on les retrouve prisonniers avec les français à Pavie. Une autre famille est acquise à la France: Visconti Galezzo chambellan de François 1er lui aussi fait prisonnier à Pavie

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